L’édito de Marco Costan­tini

Marco Costantini

© Khashayar Javanmardi, Plateforme 10

Aux côtés du MCBA et de Photo Elysée, et en étroite colla­bo­ra­tion avec les services trans­ver­saux et la direc­tion géné­rale, nous pour­sui­vons le déve­lop­pe­ment de Plate­forme 10 comme un véri­table carre­four cultu­rel. Cette dyna­mique collec­tive, unique en Suisse, a donné nais­sance à des projets mêlant arts visuels, design et photo­gra­phie dans des formats inno­vants, permet­tant de fédé­rer des publics variés autour d’ex­pé­riences parta­gées. 

L’an­née 2025 a été large­ment placée sous le signe du soleil grâce à la deuxième édition de la Solar Bien­nale, Soleil·s, qui a offert une réflexion essen­tielle sur notre rapport éner­gé­tique, cultu­rel et symbo­lique à l’astre solaire. Le mudac y a joué un rôle central en produi­sant 10 instal­la­tions origi­nales explo­rant la lumière sous des angles artis­tiques, scien­ti­fiques et socié­taux. Conçues avec des desi­gners, artistes et ingé­nieur·e·s, ces œuvres ont inter­rogé les maté­riaux photo­vol­taïques, les varia­tions du spectre lumi­neux ou encore les impli­ca­tions sociales de la tran­si­tion éner­gé­tique, révé­lant la force du design face aux enjeux contem­po­rains et la capa­cité du musée à initier des projets alliant recherche, poésie et inno­va­tion. 

Nous avons égale­ment renforcé nos colla­bo­ra­tions avec des parte­naires insti­tu­tion­nels, tels que l’ECAL, la HEAD, l’EPFL, la ZHdK et la Ciné­ma­thèque suisse. Ces coopé­ra­tions ont stimulé la recherche, généré de nouveaux formats péda­go­giques et ouvert des dialogues féconds entre design, sciences, cinéma et créa­tion contem­po­raine. Elles contri­buent à un écosys­tème créa­tif excep­tion­nel, qui fait de Plate­forme 10 un pôle cultu­rel et acadé­mique de réfé­rence à l’échelle natio­nale. 

En novembre, nous avons inau­guré Les Mons­trueuses. Carte blanche à Kévin Germa­nier. Par son approche vision­naire du réem­ploi, le créa­teur a proposé un univers spec­ta­cu­laire où couture, design et instal­la­tion dialoguent avec audace. Cette expo­si­tion a offert une immer­sion vibrante dans une esthé­tique du détour­ne­ment, ques­tion­nant notre rapport à la beauté, à l’ex­cès et à la trans­for­ma­tion, et a permis à un très large public de décou­vrir une démarche aussi singu­lière qu’en­ga­gée. 

Le même mois s’est ouverte Tisser son temps, réali­sée en colla­bo­ra­tion avec la Fonda­tion Toms Pauli. L’ex­po­si­tion réunis­sait Goshka Macuga et Gray­son Perry face à des tapis­se­ries anciennes issues de la collec­tion de la Fonda­tion. Ce dialogue inédit a mis en lumière la puis­sance du médium textile pour inter­ro­ger histoire, mémoire et récits collec­tifs, confir­mant l’in­té­rêt crois­sant pour le tissu en tant qu’es­pace critique, poli­tique et esthé­tique. Ce projet a consti­tué l’un des grands moments de la saison et a affirmé l’am­bi­tion du mudac de tisser des liens entre patri­moine et créa­tion contem­po­raine. 

Sur le plan inter­na­tio­nal, 2025 a conso­lidé le rayon­ne­ment du musée. Nos inter­ven­tions à Milan et notre parti­ci­pa­tion à divers jurys et confé­rences en Europe ont affirmé la vision du mudac : un musée du design tourné vers l’ave­nir, atten­tif aux trans­for­ma­tions du monde contem­po­rain et plei­ne­ment inscrit dans les échanges inter­na­tio­naux. 

Ces projets n’au­raient pas vu le jour sans le soutien de nos précieux parte­naires. Merci au Canton de Vaud pour son enga­ge­ment à long terme pour Plate­forme 10, à Julius Bär pour son soutien fidèle, ainsi qu’à l’en­semble de l’équipe du mudac et de Plate­forme 10. Ensemble, nous pour­sui­vons la construc­tion d’un lieu qui imagine et accom­pagne les formes cultu­relles de demain. 

Marco Costan­tini
Direc­teur du mudac